• Nous devons la découverte de la psychanalyse à son fondateur Sigmund Freud, génie qui a su ouvrir en son temps la voie vers l’inconscient.

    Freud émet l’hypothèse que la psyché humaine serait en proie à des phénomènes inconscients.

    Ainsi, il va étudier ces manifestations en s’appuyant sur les lapsus et actes manqués, mais également par ce qu’il considère comme la voie royale pour accéder à l’inconscient : les rêves.

    La psychanalyse c’est l’investigation des processus psychiques dont l’accès passe par l’inconscient. C’est une méthode de traitement des désordres névrotiques (ou psychiques) dont le principe thérapeutique repose essentiellement sur la parole.

    La métapsychologie freudienne a évolué tout au long de son exploration par Freud et ses successeurs.

    La cure analytique permet de retrouver un équilibre psychique.

    Le Moi est renforcé, ce qui apporte une meilleure estime de soi. Le sujet appréhendera le monde différemment avec de plus de sérénité et de paix et sera arraché à la destruction et à la répétition (échec amoureux, professionnel…).

    Le but de la psychanalyse est de désamorcer les conflits internes (culpabilité, angoisse, peur, chagrin…). Ainsi, l’individu accédera à une meilleure connaissance de soi et il se sentira alors plus fort.

    Les bénéfices d’une thérapie durent tout au long de la vie.

    Ce qui me tient à cœur dans cette thérapeutique et ce qui me paraît essentiel, c’est la place occupée par le sujet.

    Il est accueilli en tant qu’individu à part entière avec sa subjectivité et son histoire.

    Lors de la cure analytique, le sujet est invité à se livrer, à dire et même à tout dire et à procéder par association libre. La psychanalyse le met au centre et lui (re)donne la parole pour qu’elle devienne parole pleine, autrement dit, qu’elle recouvre du sens.

    Débuter une thérapie c’est se retrouver face à soi et à son histoire pour démêler ses peurs, ses angoisses et ses chagrins.

    L’espace analytique protège de l’extérieur et se prête à la confidence.

    Ce lieu est fondamentalement un lieu intime où tout ce qui se dit ne sera pas dévoilé.

    Le sujet en tant qu’être humain pourra livrer toutes ses peines, ses colères, ses chagrins, tout ce qui a pu profondément l’affecter et ainsi pouvoir s’en dégager..

    La psychanalyse permet de dénouer des liens, des situations, elle accueille aussi bien le vide, le silence et les malentendus.

    Elle permet de dire enfin l’indicible et ce qui a été tu et c’est pourquoi elle est par essence subversive. Elle bouscule l’ordre établi et nous amène là où on ne s’y attend pas.

    L’analyse de l’inconscient c’est accéder à son Moi profond, celui dont nous avons peut-être été privé parce qu’on se construit toujours à travers un autre que soi.

    C’est un travail de découverte qui nous permet de grandir, de nous apaiser et de nous accorder de la valeur.

    L’analyse se réinvente à travers chaque individu puisqu’elle compose avec la singularité de chacun. Il y a autant de psychanalyses que d’êtres humains.

    La psychanalyse est une méthode thérapeutique qui permet d’aller mieux, qui permet d’être entendu et écouté.

    Elle se réinvente à chaque séance auprès de chaque analyste qui, au sein de son cabinet, donne cette parole à l’autre.

    Géraldine JACOT

    Psychanalyste

  • Lorsque nous regardons la télévision, lisons les journaux ou nous connectons à internet nous sommes confrontés à un monde violent qui peut être source d’ébranlement.

    Le sujet est de plus en plus fréquemment exposé aux violences politiques, économiques, sociales, familiales, environnementales, aux guerres.

    Le traumatisme c’est l’impact psychique d’un évènement douloureux au cours de la vie d’un sujet, il peut être lié à une séparation, un deuil, un accident, une maladie…. mais il peut aussi s’inscrire prématurément dans la psyché et s’y fixer.

    Il n’est pas rare que certains évènements de la vie provoquent un traumatisme, à vrai dire c’est même plutôt fréquent.

    Le traumatisme est un évènement dans la vie du sujet qui se définit par son intensité, par l’incapacité du sujet à y répondre de manière appropriée et par les effets pathogènes durables qu’il suscite dans l’organisation psychique.

    En psychanalyse, le traumatisme se caractérise par un choc violent, une effraction et leurs conséquences sur l’ensemble de l’organisation psychique.

    La notion de traumatisme renvoie à un accroissement d’excitation rapide et soudaine dans la vie psychique dont les moyens normaux et habituels échouent à liquider ou élaborer.

    Les conséquences du traumatisme sont l’incapacité de l’appareil psychique à liquider les excitations.

    Le mot « traumatisme »est devenu un mot qui définit un grand nombre de situations.

    Il peut être lié à des stades à la fois inéluctables et structurants de la vie : on pense ici au développement psychique chez l’enfant ou à des épreuves au cours de la vie.

    Il est toutefois illusoire de croire que toute personne exposée à une épreuve sera traumatisée.

    L’évènement traumatique peut être endogène ou exogène c’est à dire qu’il peut provenir de l’intérieur du sujet (cauchemar par exemple) ou faire irruption de l’extérieur (accident, agression…).

    Le traumatisme se qualifie par son caractère violent et aussi parce qu’il surgit sans que le sujet n’y soit préparé. Il suscite toute une série de sentiments comme la peur, l’effroi, la sidération.

    Il y a traumatisme lorsque le sujet est confronté à un excès d’excitation qui déborde de ses capacités à endurer et à lier la situation à laquelle il doit faire face.

    Cette excitation produit une effraction psychique qui est à l’origine d’une douleur psychique.

    Ce n’est pas la nature d’un évènement qui permet de parler de traumatisme psychique mais plutôt la force de ses conséquences.

    Le retentissement est subjectif eu égard la singularité de chacun mais ce qui est commun à celui-ci, c’est une certaine modification du fonctionnement psychique habituel. Le sujet sera alors confronté à des difficultés de représentation et de symbolisation.

    L’impact du traumatisme peut être assimilé avec le temps par le sujet ou bien ne pas l’être.

    S’il ne l’est pas, le traumatisme peut avoir plusieurs destins : il peut être enfoui dans la psyché, il peut aussi réapparaître sous forme de répétition en lien avec le traumatisme (échec de la vie amoureuse, professionnelle,…) et il peut aussi être à la fois enfoui et répété.

    On pense aussi que le stress se manifeste pour répondre à une situation de danger mais il peut aussi cacher un traumatisme resté inconnu.

    Certains traumatismes sont de nature plus sournoise. Le traumatisme est coûteux en énergie psychique car il en mobilise une grande quantité. Cette énergie psychique n’est alors plus totalement disponible pour les autres activités.

    Le travail psychanalytique consiste à accompagner le sujet vers un travail de représentation et de souvenir du vécu affectif des diverses périodes de la vie psychique afin de lever le voile sur ce qui a été vécu comme un traumatisme.

    Géraldine JACOT

    Psychanalyste

  • Qu’est-ce que l’angoisse ? Comment peut-elle être définie ?

    L’angoisse se manifeste par des phobies, des excès d’angoisse, une attente anxieuse. On la retrouve en tant que symptôme de la névrose.

    Nous pouvons être angoissé pour plusieurs raisons : angoisse de la mort, du vide, de l’abandon, d’être seul, de vivre, de la sexualité, de notre rapport aux autres, de la maladie…

    Quoiqu’il en soit l’angoisse est une souffrance qui empêche de vivre sereinement.

    C’est un signal psychique qui indique des difficultés et / ou un mal être.

    Il est difficile d’exprimer ce qui nous angoisse, de mettre des mots sur ce que nous pouvons ressentir.

    Il est important de faire une distinction entre peur et angoisse.

    La peur évoque d’emblée le problème de l’objet. Nous avons peur de quelque chose, de quelqu’un, d’un danger. La peur évoque donc une réalité palpable à laquelle nous pouvons nous préparer.

    L’angoisse est une peur sans objet, c’est quelque chose de beaucoup plus interne.

    Elle peut se manifester suite à une épreuve de la vie comme la perte d’un proche ou d’un emploi, une séparation…

    Elle peut aussi venir d’une histoire personnelle douloureuse marquée par des manques et différentes blessures qui se réveillent à l’occasion d’un évènement actuel.

    Les manifestations de l’angoisse se situent au niveau du corps lui-même. On peut ressentir des nœuds dans le ventre, une perte d’appétit, une altération du sommeil, le sentiment d’étouffer ou de se sentir oppressé mais également des idées noires ou des pensées obsédantes.

    L’angoisse est difficile à identifier mais elle est présente en chacun de nous.

    On peut même dire qu’elle est normale car elle a pour fonction de nous alerter sur notre état psychique du moment.

    Elle permet de nous interroger sur notre vie actuelle et d’être attentif à ce que nous traversons.

    Nous faisons comme nous pouvons face à nos angoisses, elles sont difficiles à déceler.

    Et pourtant, elles sont en partie à l’origine de nos comportements.

    Chacun fait comme il peut lorsqu’il s’agit de se débattre contre soi pour ne pas sombrer.

    Pour certains, la stratégie mise en place pour masquer l’angoisse se manifestera par une fuite en avant pour échapper aux éprouvés et aux ressentis.

    Les addictions sont les pratiques les plus courantes.

    Franchir le pas et commencer une thérapie c’est faire un travail d’introspection qui permettra de révéler les causes de son angoisse.

    Ainsi, pouvoir les appréhender c’est se donner la possibilité de moins en souffrir.

    Le travail consistera à faire des liens entre les causes de l’angoisse, d’identifier de quelle façon elle se manifeste, les émotions ressenties, les souvenirs (qui peuvent être anciens ou relever de blessures) que je peux lui associer.

    Lever progressivement le voile de ses angoisses c’est se libérer de ses souffrances émotionnelles.

    Géraldine JACOT

    Psychanalyste

  • Ce terme apparaît à l’aube du XXème siècle grâce à Kraepelin, psychiatre allemand, en 1889.

    La dépression se définit comme un « état psychique caractérisé par un trouble de l’humeur, une diminution de l’élan vital avec tristesse, ralentissement idéomoteur et psychomoteur, douleur psychique et physique, dérèglements neurovégétatifs  ».

    La dépression est un état de détresse et de désespoir intense pouvant aboutir à un état suicidaire dont le paradigme est la mélancolie et qui met le sujet en danger de mort (Kraepelin 1889).

    Il existe aujourd’hui de nombreuses classifications de la dépression (DSM, CM10) ainsi que la vision psychanalytique.

    La dépression est un ensemble de syndromes qui se caractérise par un ensemble de symptômes observables dont les grands signes sont :

    - une humeur triste (plainte), une vision pessimiste du monde (désespoir), l’ennui, l’anesthésie, l’incapacité à trouver du plaisir et une vision négative de soi

    - un ralentissement psychomoteur et idéatif (ton monocorde…)

    - une grande fatigue, épuisement

    - des troubles alimentaires

    - une irritabilité

    - des idées suicidaires ou un comportement suicidaire (il faut rester très vigilant sur cette question là)

    La dépression est en général une modification intense de l’humeur qui implique un état de grande souffrance morale, de profonde tristesse et de mélancolie.

    L’origine de la dépression est complexe. Au-delà des facteurs biologiques, il existe des facteurs liés à l’histoire personnelle du sujet, à un évènement réel (décès d’un proche, perte d’un emploi…) et des facteurs sociologiques. Il n’y a pas une cause unique mais plutôt des facteurs à risques.

    La classification de la dépression est large : elle englobe la mélancolie (qui est la plus grave), la dépression névrotique, la dépression secondaire, la dépression saisonnière, la dépression du nourrisson, des personnes âgées…

    En psychanalyse, « l’état dépressif » est bien recouvert par la notion de mélancolie, qui fait partie de la psychose maniaco dépressive (trouble bipolaire) qui consiste en un désinvestissement total du Moi.

    « L’épisode dépressif » est quant à lui moins grave et plus réduit dans le temps et n’est pas rare dans certaines névroses. Il peut être accompagné d’anxiété, d’asthénie (fatigue handicapant le quotidien) et d’un sentiment d’échec.

    Chacun d’entre nous connaîtra au moins une fois dans sa vie un syndrome dépressif.

    Les causes sont multiples tout comme son degré de gravité. Elles peuvent venir de l’extérieur : deuil, vie professionnelle, surmenage, difficulté relationnelle avec ses proches (famille, amis…), menace économique, sentiment d’insécurité… mais aussi de l’intérieur: mauvaise image de soi, déception, insatisfaction sexuelle et affective…

    Tout ceci créé de l’angoisse, une perte d’énergie, un désintérêt des autres et de la vie.

    Le signe majeur de la dépression est la tristesse mais elle peut se traduire chez le patient dépressif par une forte irritabilité.

    Dans la dépression névrotique, le psychanalyste va identifier certains signes spécifiques qui vont lui permettre d’établir que le sujet traverse un épisode dépressif.

    Ces signes se manifestent par une humeur maussade et plaintive.

    L’individu est insatisfait, pessimiste, négatif, indécis et susceptible. Chaque problème est insoluble et il éprouve un douloureux sentiment d’impuissance et une faible estime de soi.

    « Soulager », « guérir » la dépression prend du temps. Il faut prendre le temps, se donner le temps d’interroger son temps intérieur.

    Le psychanalyste peut aider le sujet en lui apprenant à aimer, à s’aimer.

    C’est aussi aider l’analysant à découvrir le contexte affectif lié à son enfance et ce qui se cache derrière la tristesse : agressivité, haine réactionnelle du déprimé qui vit ses déceptions comme une trahison, une injustice.

    Le travail analytique est un excellent remède pour se protéger de la dépression car il implique un échange entre soi et le monde extérieur. Il permet de créer du lien et de s’ouvrir.

    Géraldine JACOT

    Psychanalyste

  • L’interprétation est au cœur de la technique psychanalytique, Freud lui a accordé une place centrale. L’investigation analytique permet de dégager le sens latent dans les dires et les conduites du sujet. Dans la cure analytique, l’interprétation est la communication faite au sujet pour le faire accéder à ce sens caché. La communication de l’interprétation faite au sujet est le mode d’action principale du psychanalyste.

    C’est avec le rêve que Freud a constitué le premier exemple et le modèle de l’interprétation. Selon lui, le rêve est la voix d’accès royale vers l’inconscient.

    Le terme d’interprétation s’applique aussi à toutes les autres formes de productions de l’inconscient comme les actes manqués, les lapsus, les symptômes etc., et aussi, dans tous les dires et comportements du sujet qui portent la marque du conflit défensif.

    La cure analytique peut s’établir avec ou sans l’interprétation des rêves. Toutefois, l’analyse des rêves est un procédé dynamique dans la cure grâce aux éléments qu’il produit.

    C’est dans son ouvrage, L’interprétation du rêve, Freud introduit une nouvelle méthode et une nouvelle théorie. La méthode est celle de l’analyse et des associations libres: elle décompose le contenu du rêve pour retrouver le cheminement de pensée du rêveur et la théorie est celle de l’inconscient.

    Le rêve est un substitut des pensées chargés d’affects et riches de sens. Le contenu du rêve est beaucoup plus court que les pensées dont il est le substitut, c’est le contenu manifeste. L’investigation analytique par l’association libre permet de mettre à jour le contenu latent, autrement dit, le sens du rêve grâce aux associations de l’analysé et aux interprétations de l’analyste.

    Le rêve dont le contenu est obscur révèle des pensées du rêve qui sont à la fois étranges et désagréables. Ces pensées font parties de la vie psychique du sujet et se trouveraient dans une situation psychologique particulière puisqu’elles ne peuvent devenir consciente. Freud nomme cet état particulier le refoulement, autrement dit le sujet cherche à repousser ou à maintenir des représentations (pensées, images, souvenirs) dans l’inconscient. Le rêve doit être obscur pour ne pas trahir les pensées prohibées.

    Freud divisera les rêves en trois classes selon leur comportement à l’égard de l’accomplissement d’un désir :

    • ceux qui figurent sans voile, un désir non refoulé, ce sont les rêves de type infantile

    • ceux qui expriment sous une forme voilée, un désir refoulé

    • ceux qui sont régulièrement accompagnés d’une angoisse qui interrompt le rêve

    Dans l’état de sommeil, ce qui est refoulé ne peut plus être entièrement retenu. La censure n’est jamais complètement supprimé mais seulement rabaissé. Le contenu du rêve est la figuration d’un désir accompli et son obscurité est le changement que la censure fait subir au matériel refoulé.

    Le contenu du rêve est un matériau riche pour l’investigation analytique. Au cours de la cure, l’analyse des rêves permet la levée de représentations refoulées.

    Géraldine JACOT

    Psychanalyste

  • Souvent confondu avec les manipulateurs et les personnalités narcissiques, le ou la pervers narcissique, parce que la perversion narcissique n’est pas l’apanage de l’homme, est un type de personnalité pathologique qui répond à un fonctionnement bien spécifique.

    C’est en 1987 que Paul-Claude Racamier, psychiatre et psychanalyste français, décrit pour la première fois le fonctionnement de cette pathologie. Elle découle des dénis et des évictions de tout conflit intérieur. Autrement dit, le pervers narcissique a une façon organisée et particulière de se défendre de toutes douleur internes. Il les expulses ailleurs tout en se survalorisant aux dépens d’autrui sans éprouver de peine mais avec jouissance. Autrui n’est pas considéré comme une personne mais comme un ustensile.

    Qui est il ? Comment agit-il ?

    Le pervers narcissique ne doit rien à personne, n’attend rien d’autrui. Il ne reconnaît de supériorité à quiconque, il ne surmonte pas la rivalité mais l’évince. Il jouit de se valoriser au détriment d’autrui et c’est toujours l’autre qui en paie le prix fort. Il héberge peu de souffrance personnelle en lui mais la déverse sur l’autre: il blesse, embarrasse, humilie…

    Ce qui compte c’est de faire mal.

    Il ne dépend jamais de l’autre et ne doit jamais se sentir inférieur. Il agit sous le mode de la prédation, il cherche une proie.

    Pour lui, l’autre n’est pas dénié dans son existence mais dans son importance, il n’est supportable que s’il est dominé, maltraité et par dessus tout maîtrisé.

    La vérité importe peu pour le pervers narcissique ce qui compte c’est de paraître.

    Son terrain de prédilection se situe au niveau de la parole, il cherche à être crédible.

    Le pervers est tournée vers l’agir, l’emprise et la manipulation. Il fait usages des goûts, des faiblesses et des qualités d’autrui, il s’infiltre instinctivement dans les failles narcissiques de l’autre pour pouvoir les exploiter.

    Le pervers ne vise qu’à enfermer sa proie dans un filet de mensonges, d’allusions, de calomnies et d’insinuations. Ce qu’il dit et ce qu’il fait agit tel un poison pour dévaloriser l’autre.

    Cette pensée-poison s’infiltre et s’écoule dans l’individu

    Le pervers n’est pas forcément intelligent mais très habile à tromper. Il agit par opportunisme et ne supporte pas de se faire démasquer.

    S’il se fait prendre, il continuera ses agissements ailleurs.

    Le tableau du pervers narcissique resterait incomplet sans son élément essentiel : la jouissance.

    Elle est spécifique, elle consiste à se complaire dans le sentiment de supériorité et dans le rabaissement de l’autre.

    Il contrôle ses victimes par le mensonge, il est très séducteur, il intimide, il culpabilise et cherche à isoler de l’entourage.

    C’est un tyran.

    Il emploie des moyens divers et variés pour arriver à ses fins, il utilise le mensonge, il intimide et fait du chantage, il dénigre et culpabilise. Son comportement peut passer de la séduction à de véritables crises de colère, il cherche à ce que sa victime se soumette.

    Quels sont les conséquences de ses agissements ?

    Tout d’abord, il cause des dégâts psychique considérable, il induit chez sa victime de l’anxiété, la dépression et des symptômes psychosomatiques.

    Sa façon d’agir désoriente ses victimes qui ne savent plus où donner de la tête et ne savent plus où elles en sont. Il cherche à rendre l’autre fou pour ne pas le devenir lui-même.

    Le pervers narcissique agit principalement auprès de son entourage proche (famille, conjoint, enfants) mais aussi dans le cadre de relation de travail.

    Il cherche à couper du monde ceux qui l’entourent et les fait vivre en vase clos pour mieux les manipuler.

    Il met en place tout un procéder qui habilement fera que sa victime coupera les liens avec ses parents, ses amis, ses enfants…

    Avec lui on ne sait jamais à quoi s’attendre, il fait vivre un véritable ascenseur émotionnelle où il donne l’impression d’être gentil et passe l’instant d’après à une véritable colère dont il dira que sa victime est responsable.

    Il provoque un climat de terreur.

    Ses victimes sombrent dans la honte, la dépréciation de soi, la confusion. Elles sont au proie à une forte culpabilité et sont sous emprise.

    Les conduites du pervers narcissique sont terriblement destructrices pour ses victimes. Les agissements du pervers ont un véritable impact sur leur intégrité psychique et morale. Elles se retrouvent sous un tel contrôle qu’elles ne vivent plus leur propre existence.

    Que faire ?

    Inutile de vouloir faire changer le pervers il est dans le déni de ses conduites perverses.

    Les victimes ont avant tout besoin d’aide car elles sont sous emprise.

    L’entourage doit les accompagner dans un processus de prise de distance pour pouvoir les aider à partir.

    Sans aide les victimes seront détruites par cette relation hautement toxique.

    Une aide thérapeutique aidera à reconstruire l’image de soi malmenée par ce type de relation.

    C’est le manque de confiance en soi et en ses capacités qui peut nous faire tomber dans les filets du pervers narcissique. Travailler sur soi c’est nous permettre de ne plus tomber dans ce piège.

    Paul Racamier écrivait : « Il n’y a rien à attendre de la fréquentation des pervers narcissiques, on peut seulement espérer en sortir indemne. »

    Géraldine JACOT

    Psychanalyste

    Lecture

    Paul-Claude Racamier , Les perversions narcissiques

  • Le terme de narcissisme est utilisé par Freud en référence au mythe de Narcisse.

    Narcisse est un chasseur solitaire doté d’une grande beauté. Il a tout les hommes et les femmes à ses pieds dont la nymphe Echo mais il refuse constamment leurs avances car il est imbu de lui-même. Son comportement va lui attirer la colère et les plaintes de ses prétendants.

    Il existe plusieurs versions de la malédiction de Narcisse, la plus courante est celle où Némésis (déesse de la vengeance) décide de le punir pour son insensibilité à l’amour que ses prétendants lui portent.

    Némésis lui jettera une malédiction : son châtiment sera de vivre un amour impossible. Ainsi, Narcisse se penche sur un étang pour pouvoir épancher sa soif. Il va apercevoir son reflet et en tombe éperdument amoureux. Chaque fois que Narcisse tente de s’approcher de son reflet celui-ci disparaît. Dévoré par cet amour impossible Narcisse sombre dans la folie et meurt au bord de l’étang.


    Une belle fleur dorée, le narcisse, pousse à l’endroit de son corps.


    Construction du narcissisme


    En psychanalyse, le narcissisme est l’amour porté à l’image de soi-même. C‘est à partir de 1910 que Freud marque l’existence d’un stade entre l’auto-érotisme et l’amour d’objet. Autrement dit, le concept de narcissisme est à envisager grâce aux investissements libidinaux.

    En effet, Freud a mis en évidence la possibilité d’une balance entre la « libido du moi » (libido investie dans le Moi) et la « libido d’objet » (libido investie sur autrui).


    La personnalité de l’individu se construit sous les influences des investissements libidinaux. Avec le narcissisme, nous verrons que nous avons tous été un jour des sujets narcissiques. Ainsi, nous distinguons le narcissisme primaire du narcissisme secondaire.


    Le narcissisme primaire correspond à un état précoce où l’investissement de la libido se fait exclusivement sur la personne propre, c’est la période auto-érotique. Cette phase se déroule au tout début de la vie de l’enfant. A cette période, le monde extérieur n’existe pas pour lui, il n’y a pas reconnaissance de ce monde extérieur ni des « objets » qui le constitue.

    L’enfant perçoit les rapports existants comme étant relatifs à sa personne. La réalité affective du nourrisson se compose entre lui et l’objet maternel. Dans le narcissisme primaire l’enfant demeure dans un fantasme d’unicité et de quiétude, il ne perçoit pas réellement ses besoins, la satisfaction de ses besoins entretient l’illusion de la fusion corporelle antérieur, autrement dit c’est le prolongement de l’état fœtal.


    Le narcissisme primaire permet à l’enfant de prolonger fantasmatiquement l’état fœtal, le narcissisme secondaire va s’ajouter au primaire lorsque l’enfant sera confronté à la réalité extérieure. C’est la période où l’enfant va prendre en compte le monde extérieur et ses « objets ». L’enfant va alors investir l’objet ou les objets (la mère et le père).


    L’investissement d’objet est indissociable d’avec l’identification. L’investissement objectal conséquence du narcissisme secondaire atteste que l’enfant prend en considération la réalité extérieure qu’il ne maîtrise pas dans un premier temps. L’identification sera le moyen pour lui d’appréhender et de s’approprier ce monde extérieur.


    Les identifications vont permettre la construction du caractère. Elles déterminent d’une part une nouvelle instance : l’idéal du moi et d’autre part une partie du ça exclusif du narcissisme primaire va pouvoir se détacher en un Moi. L’idéal du moi est une instance de la personnalité découlant de la réunion du narcissisme et des identifications au parents et aux idéaux collectifs. Il constitue un modèle auquel le sujet cherche à s’adapter.


    Au départ, le narcissisme est l’amour de soi qui évoluera vers l’amour que l’on porte à l’autre. Il est le moteur des processus identificatoires. Le sujet s’identifiera tout au long de sa vie.


    Le narcissisme se construit depuis l’enfance jusqu’à l’âge adulte. Il s’élabore tout au long de la vie. C’est à partir de l’âge adulte qu’apparaissent sous différents aspects ses défaillances. Elles s’observent chez les sujets à l’estime de soi fragile et au manque de confiance en soi mais aussi chez les personnes dites narcissiques qui ont un narcissisme exacerbé.


    Lorsque le narcissisme est à son paroxysme, il peut cacher un trouble de la personnalité narcissique ou bien sa forme extrême et pathologique la perversion narcissique (voir Le pervers narcissique dans la même section).


    Le trouble narcissique

    Le trouble narcissique émane d’une insuffisance dans la construction du narcissisme. Cette défaillance aura des conséquences chez le sujet. Il aura des doutes sur sa capacité à être aimé et un besoin constant d’être rassuré.

    Les fragilités narcissiques se manifestent par des demandes d’attention et de reconnaissance excessive et l’impossibilité d’entendre la moindre critique. Elle est pour le sujet narcissique source de désorganisation, elle produit des comportements de colère et de rejet voire de fuite si la critique est trop intense.


    Le narcissique ne peut pas aimer car il ne s’aime pas assez lui-même. Il navigue de relations en relations (amicales ou amoureuse) pour continuer à voir dans le regard des autres un aspect positif de lui.

    Dès que son entourage lui renvoie des aspects négatifs, il fuit et va se reconstituer un nouvel entourage. Il a peu d’empathie et son intérêt personnel prône sur autrui. Il malmène son entourage sans culpabilité ni remords, il n’a pas d’états d’âme.


    C’est un sujet manipulateur, il n’hésitera pas à manipuler son entourage (personnel ou professionnel) pour son propre compte. Il surestime ses capacités et ses réalisations ce qui implique une sous-estimation de la valeur des autres. Les sujets narcissiques ont besoin d’être admiré et leur estime d’eux-même est fragile puisqu’elle dépend du regard positif que les autres portent sur eux.


    Les défaillances du narcissisme se caractérisent par un sentiment de toute-puissance, autrement dit par un excès d’estime de soi entraînant une supériorité arrogante et insoutenable pour l’entourage.

    Le narcissique se construit souvent en « faux-self », autrement dit par un comportement affectif en apparence destiné à se faire aimer. Ce « faux-self » est un masque pour pallier à une angoisse qui vise à protéger un moi faible et mal structuré. Le moi fragile du narcissique peut le conduire dans une phase dépressive. Il peut être aussi en proie à l’utilisation de substances (alcool, drogue…) et avoir un autre trouble de la personnalité.


    Que faire lorsque l’on a un narcissisme blessé ?


    La cure analytique permet de rétablir un narcissisme dégradé. Le narcissisme peut être endommagé suite à des blessures répétées pendant l’enfance ou bien suite à un traumatisme actuel.


    Une thérapie permet de reconquérir une estime de soi suffisante. Apprendre à se connaître , reconquérir son histoire sont des clés qui permettent de réparer un moi qui n’a pas construit un narcissisme équilibré.


    Un narcissisme dégradé entraîne des effets pathologiques important et grave dont les symptômes sont la dépression et les addictions. Ces symptômes sont à prendre très au sérieux.



    Géraldine JACOT

    Psychanalyste



    Lectures

    Sigmund FREUD, Pour introduite le narcissisme

    Béla GRUNBERGER, Le narcissisme

    Andrée GREEN, Narcissisme de vie, narcissisme de mortDescription de l’élément